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MENTAWAIS-SIBERUT 10 jours du 26 janvier au 4 février 2009

Voyage organisé par Lisbet avec Sandrine, Virginie, Pascale, Jorn, Violaine, Thierry, Lisbet et moi

Guide Mik, guide qui habite à Muara Siberut, parle anglais et mentawais et les respecte.
Prix négocié par Lisbet Kvisgaard par personne 360US$
Vol Garuda jakarta-Padang-Jakarta : environ 160US$

Lundi 26 janvier 09 : JKT-Padang-Siberut en ferry
Départ le matin de JKT par vol Garuda. Nous arrivons à Padang en début d’après midi, l’aéroport est à environ 1 h de route de Padang. Il fait beau, nous déjeunons dans un resto Padang, l’ Ajo Paris, assez bon. Il se met à pleuvoir, nous partons voir quelques singes sur la route. Aucun intérêt ! On rentre se préparer pour le ferry et on va au resto chinois le Samudera Jaya, près de l’hôtel sur le bord de mer, manger des fruits de mer et boire de la bière. Le ferry part à l’heure. Il est sale, rempli de cafards et de rats. Ça sera dur de dormir. Nous discutons avec Martin, un anthropologue qui fait sa thèse sur les mentawais et qui habite à Siberut depuis 1 an. J’ai un peu d’appréhension car il y a eu un accident la semaine dernière avec très peu de survivants. Mais je me rassure avec mon gilet de sauvetage…La mer est calme et finalement, je m’allonge toute habillée avec mes chaussures sur une couverture empruntée à Garuda, dans une couchette dégueulasse du haut et je somnole jusqu’au matin.


Mardi 27 janvier 09 : Muara Siberut-Ugai en canot
Du ferry, nous mettons 40 min à rejoindre Muara Siberut, sur une route défoncée. Le bled est sympa, au bord de l’eau. Nous nous lavons dans un mandi du losmen en attendant de partir pour Ugai. Vers 10h30, nous embarquons sur des canots à moteur pour remonter le fleuve. 5 h de trajet. Il fait beau jusqu’à la pause déj mais après, grosse saucée jusqu’à notre arrivée à Ugai. Le parcours du combattant ne fait que commencer…Nous sommes acueillis par tout le village –beaucoup d’enfants- et deux sikerei (chamanes mentawais) dont notre hôte Bilijo. "Aleuita tout le monde" ça veut dire bonjour mais beaucoup veulent dire par là « passe moi une clope »… Distribution de bonbons etc… Douche dans la rivière pour certains. La maison à des crânes de singes sur l’entrée intérieure. C’est un symbole de virilité et de bonne chasse des hommes.

Mercredi 28 janvier 09 : Ugai-Atabai à pied dans la boue-trek 7 h
Nous partons tôt. Aucune intimité, même pour aller aux toilettes, c’est dur…Le trek démarre tout de suite dans le sago (palmier qui pousse dans la terre très humide) donc dans la boue. Je traîne, je suis très fatiguée et arrive fourbue pour la pause déj . Il y avait une montée hard dans la boue juste avant la halte. On recharge les batteries et on repart pour 2 h moins dures, mais toujours dans la boue. Il fait super beau à notre arrivée à Atabai. Nous allons nous laver dans la rivière. Ce n’est pas du luxe et ça nous fait du bien. Sous la Uma (maison familiale) il y a la porcherie. Ça sent bon…C’est un challenge pour sortir de la Uma car, avec la boue, ça glisse de partout et descendre l’échelle c’est un peu du gymkana. Dommage, il faut bien aller aux toilettes de temps en temps (il n’y a pas d’endroit dans la maison pour ça) !!!


Au retour, diner , tit rhum, et , je gonfle mon matelas avec l’aide de Mik (notre guide). Les mentawais du clan Made Paku sont réunis et chantent dans la maison. Ils nous bénissent avec 2 coqs qu’ils trucident après pour les manger. Photos, videos, etc…puis dodo sur la terrasse de la Uma. La nuit est courte.

Jeudi 29 janvier 09 : Atabai sous la pluie- extraction du sago
Réveil à 5.30 en fanfare car c’est l’heure du repas du bétail ! ça crie, ça hurle, cochons, vaches et volailles font une cacophonie d’enfer. Petit dej puis, nous glandons jusqu’à 10h avant de se décider à aller sous la pluie voir l’extraction du sago. Again, boue, boue, lisier. Et, pour couronner le tout, mes règles arrivent ! Déjà que le manque d’intimité me pèse, ça ne va pas être triste !!!


On arrive dans une cabane ou est installé la machine à broyer le sago. Aman Rajdak, le frère de Made Paku (notre hôte que l’on n’a toujours pas vu) en est le propriétaire. Les autres peuvent s’en servir mais doivent alors s’acquitter d’un petit paiement. Ça leur facilite bien la vie car broyer à la main, c’est long et fastidieux. Au dessus, 2e abris avec l’installation pour le foulage aux pieds des morceaux broyés et ensuite le filtrage en 2 fois pour obtenir la farine très fine qui sera stockée dans l’eau, puis mangée cuite (un peu comme du pain sans sel, très fade, mais nourriture de base des mentawais). Ce sont les hommes qui foulent le sago. Les femmes portent les charges. Ensuite, nous suivons les sikerei vers le tronc de sago déjà coupé, à débiter en morceaux transportable à dos d’homme. Le tronc est protégé par une barrière pour éviter une razzia des cochons. Ça se coupe très facilement et pour tourner le tronc, ils utilisent un bambou comme levier.

Ensuite on passe chez le fils de Made Paku, qui a un extracteur d’huile de « gaharu », sorte de feuille de patchouli. Nous y rencontrons sa jeune sœur qui s’est fait mordre par un serpent la veille. Elle a la jambe gauche très enflée, la morsure est dessous du genou et les chamanes lui ont déjà posé un onguent et fait un pansement. Elle est soumise à un régime spécial jusqu’à ce qu’elle puisse de nouveau marcher.
Retour sous la pluie à la Uma, lavage sommaire de pieds avant d’y entrer et détente pour tout le monde.


Diner par groupe : nous, les familles mentawais, les guides. Les mentawais mangent par famille (parents + enfants) : celui qui s’occupe du repas sert dans une longue assiette en bois autant de part qu’il y a de membre d’une famille, leur donne l’assiette et sert une autre famille. Les part sont de taille égales quelque soient l’âge et le sexe des personnes. Ce soir, ils dinent du poulet, des crevettes dans un bambou et du sago cuit dans des feuilles de pandanus. Nous, c’est des pâtes bolognaises et du saucisson…

Avec leurs dents bien limées en pointe (toutes comme des canines), ça doit être pratique pour couper... Les mentawais se liment les incisives en pointe à l'adolescence, c'est un signe de beauté. En fait, leurs dents sont rougeatres, mais ils ne machent pourtant pas de betel, qu'est ce? Peut être juste un problème de dents gâtées.

Après, Aman Rajdak et les fils de made Paku nous font trois danses. Rajdak se maquille avec du charbon, se met une sorte de tablier en tapa peint rouge blanc noir très joli et des feuilles de pandanus pour signifier un animal. Les danses sont très jolies et racontent des histoires d’oiseaux qui se battent avec un serpent ou d’aigles qui chassent des mulots. Vers 23h, sous la moustiquaire et dodo dans la fumée ambiante (tout le monde fume comme des pompiers !!!). Demain, il fera peut-être beau.

Vendredi 30 janvier 09 : Atabai sous la pluie-Baiko pour bark cloth
Réveil à 5.30 avec les cochons, il pleut toujours et tout est un vaste champ de boue fétide. L’échelle (enfin l’escalier taillé dans un tronc) est très glissante pour descendre, nous les touristes, nous ressemblons à des petits vieux cherchant leur équilibre avec une canne !!! Le baton est providentiel et ça sera pareil tout au long de séjour, il est notre troisième (et indispensable) jambe.


Tout d’abord, nous paressons dans la Uma, bien à l’abris des intempéries, en observant et discutant de temps à autre avec les mentawais. Il se passe un incident : un enfant jeune renverse un plat de riz cuit- aussitôt englouti en partie par un chien affamé- et sa mère le tape rageusement, elle lui donne même des coups de pieds dans les côtes. Personne ne bronche, ça dure 1 minute, et le gamin pleure 2 minutes tout seul observé par toute l’assistance qui approuve la réaction de la mère. Le riz est rare car il faut l’acheter en ville et il vient de Sumatra. C’est donc un plat « de luxe ». Chez les mentawais, on ne gâche pas la nourriture de la communauté !

Aman Rojdak, aman Tonem et aman Poli décident de nous montrer dans la Uma (car pluie battante) la fabrication du poison pour la chasse à l’arc. Ils vont cueillir les plantes autour de la Uma, prennent leur carquois. Ils mélangent les feuilles en proportions différentes, les écrasent ensemble avec un pilon, ajoutent un peu d’eau et en sortent une mixture vert foncée. Avec une plume, il enduisent la pointe de leur flèche sur 8cm environ. Ils ne mettent pas de poison sur les pointes en métal, juste sur le bois. Ensuite, ils font sécher les pointes sur le feu. Elles noircissent et le poison est actif pendant 5 mois. Ça doit être une sorte de curare et la piqure est mortelle.

Puis, démonstration de leur technique de tatouage : Ils font de l’encre avec de la suie mixée à de l’eau. Ils peignent tout d’abord le motif avec une plume trempée dans l’encre. Ensuite, ils utilisent une pointe en métal de 1cm plantée dans un morceau de bois qu’ils martèlent en suivant le dessin. La couleur pénètre alors dans les innombrables petits trous. La technique à évolué car maintenant, on dispose d’outils électriques pour faire les tatouages mais le principe de base est resté le même.

Nous nous décidons d’aller s’aérer sous la pluie pour voir le Baiko, arbre dont l’écorce est utilisée pour faire des vêtements. Nous partons avec les 4 mêmes dans les sagos (boue dégueu, boue dégueu, boue dégueu…) et arrivons au Baiko qu’ils abattent. Ils le « pèlent » et nous donnent à chacun 1 ceinture d’écorce.

Nous continuons notre route vers la Uma de Aman Rojdak. Elle est plus petite que celle de son frère. Il loge avec sa mère qui doit avoir 70 ans mais en parait 100 tant sa peau est parcheminée. J’apprends qu’elle est aussi la mère adoptive de aman Poli qui a le même père que Aman Tonem. Après lui avoir offert du tabac et des confiseries, nous retournons chez Made Paku. Sur le chemin, nous nous arrêtons pour que les 4 compères tapent nos morceaux d’écorce sur un tronc d’arbre dur, avec des maillets. Ça assoupli l’écorce qui rougit. Nous les rinçons dans la rivière avant de les mettre dans nos bagages.


Baignade-lavage puis diner et petite fête car on quitte la Uma demain. Beaucoup de gens sont invités dans la Uma. L’ex femme de made Paku vient aussi avec sa fille qui boite (c'est elle qui a été mordue par un serpent vert à queue rouge). En fait ses 5 enfants sont là. Made Paku et sa nouvelle femme ne sont pas là. Les hôtes présidés par aman Rajdak (frère de made Paku) se préparent un diner au poulet pour l’occasion.

Petit aparté à propos des moustiquaires : Nous avons toutes des moustiquaires blanches donc quasiment transparentes ce qui nous pèse car tout le monde nous regarde. Seule Lisbet a une moustiquaire kaki à travers laquelle on voit beaucoup moins bien. C’est bien mieux pour voyager dans ces coins inconfortables.


Samedi 31 janvier 09 : Atabai-Butui par la rivière
Ce matin, o miracle, il fait beau. Nous allons marcher au sec. Le trek durera 7 bonnes heures, en grande partie, dans la rivière. La première partie, c’est sago, boue.


Puis on passe un terrain jonché d’arbres géants coupés et entremêlés, très compliqué à passer, challenging au niveau équilibre. C’est un terrain défriché pour en faire une plantation de bananiers. Ensuite, nous nous séparons involontairement en 2 groupes et le notre qui est derrière ne prend pas le bon chemin. Bilijo est prié de passer devant pour nous guider parmi les arbres coupés. Ouf, on passe enfin ces obstacles et commençons la marche dans la rivière. C’est rafraichissant mais on avance lentement. Vers 13h, il commence à pleuvoir. Tout le monde est très vite trempé. Je ne protège même pas ma caméra ni mon appareil photo qui sont dans des sacs non imperméables (je sais, c’est une connerie de ma part !!!). Il nous faut passer un endroit profond vite car les eaux montent, donc nous nous arrêterons déjeuner plus tard.

Sandrine se chope une sangsue sous le pied. Vicieuse la bête !!! Les sangsues sont plutôt petites mais il y en a beaucoup. Nous arrivons à l’endroit profond et on n’a pas pied pendant 1 m. Un peu compliqué pour passer le matos, mais nous y arrivons. Nous stoppons pour déjeuner. La pluie aussi.

La fin du trek est interminable, nous croyons toujours être arrivés après un passage à gué mais non, il y en a un autre qui suit…Nous voyons 2 serpents à ¼ d’heure d’intervalle. Un petit vert avec la queue rouge dont la morsure est très dangereuse et un petit noir avec des rayure rouges venimeux lui aussi. Ils sont là pour boire et ne s’enfuient même pas quand nous faisons du bruit. D’après les mentawais, voir un serpent sur notre chemin signifie que quelqu’un n’est pas content que nous passions par là !?

Enfin nous arrivons près de la Uma de aman Laulau, le tatoueur. Il n’y a pas de porcherie en dessous, chouette. Par contre, on se demande comment on va monter dans la maison car il faut passer en équilibre sur un tronc au dessus de la rivière et ensuite grimper 2 tronc hyper pentus et glissants. Tout ça sans rampe. En fait, c’est pire que l’autre Uma pour entrer et sortir !!! Mik s’occupe de mettre une rampe sur le tronc traversant. Tant mieux, au moins, nous pourrons aller nous laver dans la rivière sans danger.

Le premier groupe est arrivé il y a ½ heure et a été invité à l’accouchement de la femme du jeune fils de aman Laulau. Elle a 15 ans et c’est son premier enfant. Sandrine l’aide en apportant un drap propre et en demandant de bouillir de l’eau pour laver le bébé. La parturiente est assise sur le plancher en bambou, adossée à un plan incliné et se tient à une corde pendue au plafond les femmes et le mari se relaient pour lui appuyer sur le ventre et lui masser les membres et les épaules. Ils la frictionnent avec un mélange d’herbes. Les chamanes chantent en secouant des clochettes et des feuilles pendant que la jeune femme a des contractions. Sandrine est assise devant attendant l’expulsion. Tout ça se passe dans le fond de l’uma, dans la cuisine chambre des femmes et enfants, avec plein de monde autour, des animaux, de la fumée, etc… La fille est épuisée, elle a le regard hagard. Ça fait déjà 10h qu’elle pousse, assise. Le col est ouvert à 2 doigts. Vers 22h, elle perd les eaux. Nous allons nous coucher.

Dimanche 1 février 09 : Butui larves à sago-accouchement
Toujours rien, juste une inquiétude collective en voyant la fille hébétée et son mari attentionné, sachant que ça fait déjà 10h qu’elle a perdu les eaux.


Vers 10h nous décidons d’aller récolter les vers à sago avec Bilijo, Laulau, Politik (son fils) et Telephon (son petit fils). Parcours dans la boue nauséabonde des sagoutiers. Nous arrivons au tronc qui fermente depuis deux mois et les 2 enfants coupent à la machette pour trouver les larves. Quelques uns en gouttent (moi j’ai déjà donné en Papouasie). Nous rentrons avec notre récolte que telephon a mis dans un sac en plastique. En traversant la rivière, le sac se déchire et toutes les larves tombent à l’eau. Les gamins ont beau courir vite pour se poster à l’aval, ils ne réussiront qu’à en repêcher une dizaine.

Nous croisons deux jeunes femmes qui nous annoncent que le bébé est né. Vite, à la Uma.
C’est un petit garçon, en bonne santé semble t’il, qui a la tête en pain de sucre car il a mis du temps à sortir (mais ça se remettra tout seul et dans 2 semaines au pire, il aura une jolie petite tête ronde).
La mère va bien. Nous sommes tous soulagés que l’accouchement se soit bien passé. Le drap propre de Sandrine a été utilisé par les femmes pour nettoyer le sang et autres déjections, pas pour couvrir le nourrisson qui est dans un linge sale à faire peur…L’eau bouillie est restée dans son baquet et l’enfant a été lavé dans une bassine pleine d’eau boueuse de la rivière !!! Bref, très tôt, ils commencent l’insensibilisation aux microbes. C’est l’éducation à la survie en milieu hostile…

L’enfant aura un nom dans 5 jours, selon la coutume. Ça sera une personne du clan qui lui donnera. Le père lui change tout de suite de nom car maintenant, il a un fils. Il s’appelle aman Roki. La tradition veut que tout homme qui a son premier fils vivant s’appelle aman quelquechose. Si son premier fils meurt, il perdra le « aman ». Donc, Bilijo a certainement déjà perdu son premier fils.

Beaucoup de monde arrive pour fêter l’évènement. La famille égorge un cochon- dans la cuisine, à côté du bébé et de l’accouchée… et 2 poulets. Toute la viande est bouillie pour les invités. Il y a 3 services. Nous dinons à part de pâtes à la bolo.
Bilijo rentre à la tombée de la nuit chez lui à Ugai, à 40min de marche. Nous le retrouverons demain.


Après le diner, il y a un petit spectacle ou nous ferons à tour de rôle quelquechose. C’est très sympa et tout le monde s’amuse. Dodo vers 11h dans les moustiquaires.

Lundi 2 février 09 : Butui- Ugai dans la boue-Muara Siberut en canot- Masilo island en canot
Il fait beau quand nous partons. Vers Ugai. Plus d’une heure dans la boue en pleine chaleur. Lisbet s’enfonce une jambe jusqu’en haut de la cuisse et Jörn et Mik la sortent car elle ne peut y parvenir seule. C’est un peu comme des sables mouvants. Enfin, nous rejoignons Ugai pour une courte halte. Au revoir tout le monde. Nous embarquons sur les canots sous le soleil pour 4h de navigation. Quand il se met à pleuvoir, il fait vraiment froid.

On arrive au losmen de muara Siberut avec Aman poli et aman Tonem. Pause mandi et repacking puis bateau rapide pour aller sur l’ile Masilo.

La mer est calme mais il y a plus de vague que dans la rivière. Les 2 chamanes ne sont pas rassurés. Je crois que c’est la première fois qu’il naviguent sur la mer.

L’ile est paradisiaque. Nous sommes seuls dans le losmen avec vue sur la plage magnifique et les cocotiers. Nous allons dormir dans une chambre à l’abri des regards, ça faisait longtemps. Il y a des toilettes, c’est chouette.

Petite baignade dans le lagon et ramassage de coquillage sur la plage. Les guides sont allé pêcher. Ils ramènent 2h plus tard un grosse bonite et plein de petits poissons portions.

Les sikerei n’en croient pas leurs yeux. Il n’y a pas de poisson de cette taille dans la rivière.
Diner de poisson cru et cuit à point accompagné de bière. Succulent. Dodo dans la chambre, d’autres préfèrent la terrasse.

Mardi 3 fevrier 09 : Masilo-Muara Siberut en canot-Padang en ferry
Ce matin, il y a beaucoup de vent. La mer est assez forte. J’angoisse un peu pour le retour à Muara Siberut. Nous apprenons vers midi que le ferry ne prendra pas la mer avant minuit pour cause de mauvais temps…
Nous rentrons vers 3h alors que la mer parait plus calme. En fait, ça bouge énormément et je suis bien contente d’arriver à bon port.

Maintenant, on attend le départ du ferry. Petites courses, diner de mies,etc… avant d’embarquer et d’attendre le départ. Nous discutons avec Bruno, le gros capitaine du ferry. Et avec un français routard qui a chopé une allergie à la suite de piqures de punaises. Je lui donne de la Claritin. Lorsque le bateau démarre enfin, j’étends mon imper sur le matelas plus que sale et je m’endors. Ça ne bouge pas trop.

Mercredi 4 février 09 : retour à JKT
Il est 10.30 quand nous arrivons à Padang. Vite, il nous faut filler à l’aéroport pour attraper le vol de 11.45. La voiture fonce comme une malade. On se croirait dans Starsky et Hutch. En fait, c’est un policier en congé qui la conduit. Nous atteignons l’aéroport en 1/2h au lieu d’une heure. Violaine s’est bien cramponnée, elle était à l’avant et j’ai fermé les yeux la moitié du temps.
On décolle à l’heure.

PAPOUA-Danis-Korowais 10 jours Mars 2008

Voyage en Papouasie avec Corinne, Irène, Marguerite, Martine, Sandrine et Virginie
En mars 2008

Agence : Guide Nicky Mehue (papou parlant très bien l'anglais) nickymehue@yahoo.com
Le guide est super sympa, nous mets tout de suite à l'aise et nous raconte plein d'histoires.
Par contre, pour visiter la mine d'or de Timika, il faut demander les autorisations 2 mois à l'avance...ce qu'il avait omis de nous dire!!!

Vols : Vols Garuda pour Jakarta-Jayapura et Timika-Jakarta environ 340US$/pers
Prix treck 10 jours : 3200US$/pers compris les vols sur avion affrété spécialement TRIGANA (14 places)

Mardi 11 mars 2008 : Jakarta Jayapura Wamena : J’attends tout l’après midi en glandouillant, mes affaires sont prêtes. Marguerite arrive à 5h. Par hasard, je lui demande « tu as bien ton billet d’avion ? » « -Tu plaisantes ?? » me répond elle. Heureusement, ce sont des billets électroniques donc juste un petit stress pour bien débuter le voyage…
Nous partons chercher Virginie. En route sous la pluie avec Miskun quand je reçois un sms de David me demandant les photocopies des passeports. Nous décidons de nous arrêter au Sheraton pour faire des photocopies. Et là, 2e coup de calcaire : Sandrine, en ouvrant son passeport voit la tête de son fils. Branle bas de combat, tél à JP qui envoie le passeport en taxi, pendant que nous partons dans l’aérogare pour enregistrer les bagages. Ouf, c’est fait. Nous allons enfin pouvoir attendre le départ autour d’un verre…et non, un employé me rappelle pour me dire qu’un sac s’est cassé et, bingo, c’est le sac tout neuf d’Irène. Réclamation vigoureuse de sa part, ça dure jusqu’au moment du départ.

Après ces péripéties, on embarque et on décolle à peu près à l’heure. J’ai reçu un sms angoissé de Chloé qui a peur que nous ayons un accident d’avion.
Deux escales. Il pleut à Biak mais en arrivant à 6h 30 à Jayapura il fait beau. Nicky nous accueille et nous présente Denver, sa fille de 13 ans, Otis le cuisinier qui restera avec nous et Freddy. Nous prenons un vol Merpati pour Wamena dans la foulée et je discute un peu avec Nicky du programme.

Mercredi 12 mars : Wamena-Nord Vallée Baliem-Wamena : Arrivée à Wamena vers 8h. Check in à l’hotel Baliem Pilamo, style indo avec jardin patio.
Chambres simples mais propres, lumières blanches et murs vert et jaune. Après une pause café, nous allons découvrir la ville. Il fait super beau, pas trop chaud, on est en altitude (1800m). Au marché local on voit quelques papous avec des plumes et des étuis péniens (kotéka).
Arrêt près d’une école maternelle chrétienne avec beaucoup de petits indonésiens et peu de papous.
Nous rentrons en becak en faisant un petit tour. La petite ville est dans une vallée magnifique. Nous partons déjeuner près de l’hôtel. Spécialités : les écrevisses de la rivière Baliem et le jus de Terong Blenda. Tout est délicieux.


L’après midi, nous partons dans le nord de la vallée à Sumpaima, le village du clan Mabel pour voir la momie du fondateur du village, conservée par les habitants.
L’endroit est assez agréable, les danis sympathiques mais très business (pas de photo si on ne paye pas, etc …). C’est de bonne guerre mais un peu pénible pour les amatrices de portraits…Après une demi heure nous allons à pied vers un autre village : Anemaugi. Les habitants –surtout les enfants- paraissent être en plus mauvaise santé : gros bidons, cheveux jaunes, maladies de peaux diverses, nez qui coulent en permanence… Ils sont très gentils et nous leur achetons des babioles. Un gamin a des plaies purulentes sur les fesses. Sandrine lui donne la bétadine qu’elle a sur elle et Nicky explique à son père comment nettoyer la plaie. Les femmes d’âge mur (bien mûr même) ont des phalanges en moins.
C’est une tradition qui veut que quand quelqu’un qu’elles apprécient beaucoup décède, elles se coupent une phalange (rien que d’y penser, ça fait très mal !!!) et elles se soignent le moignon avec des pansement et onguents traditionnels. Les hommes aussi pratiquent ça mais on n’en a pas vu. Ceci dit, cette tradition (barbare, il faut bien le dire) ne se fait plus vraiment car les jeunes issus de ces villages proches de la ville accèdent maintenant à l’école, ils apprennent à écrire et ne veulent plus se mutiler les mains.
Nous rentrons sur Wamena pour voir le marché avant 18h. Enfin, je trouve des Marlboro putih. Il y a de gros fruits rouges ressemblant un peu à des fruits à pain rouges et allongés.
Ce sont des fruits de Pandanus. Il y a aussi des possum sur les étals des bouchers…
Corinne s’achète un chapeau en poils de possum et plumes d’oiseau du paradis. Très joli. Beau choix d’artisanat papou.
Nous rentrons préparer nos sacs pour le trek de demain. Nous laissons les affaires dont nous n’auront pas besoin et les remplaçons par des cadeaux divers pour les enfants de villages danis.
C’est l’heure de l’apéro. Virginie a amené une sorte de rhum. Avec des glaçons, ça passe très bien. Crackers, saucisson et tomme de chèvre…C’est Byzance !!!
Dîner à l’hotel. Questions et angoisse fusent et Nicky rassure tout le monde…sauf que… demain, le trek ne va pas durer 4h comme prévu initialement, mais 7 h car un pont s’est cassé et il nous faudra faire un détour.
Première impression après cette journée : Les papous sont plutôt accueillants mais un peu harcelants. Les indonésiens non papous sont pour beaucoup des flics et des militaires. La papouasie à l’air très fliquée et pas par les papous !!!

Jeudi 13 mars : Wamena-Hitugi pays Dani : Départ à 8h en voiture pour le trek. Une demi heure de route, puis, on s’arrête. Nicky nous attribue à chacune un porteur. Pour moi, ce sera Jurius.
Nous entamons notre marche sur une route rocailleuse et, nous traversons le lit d’une rivière en grande partie asséchée. Il nous faut faire attention car c’est très meuble en dessous de la croûte sèche. Je m’enfonce le pied, Denver – en tongue - s’enfonce jusqu’au mollet !!! Il parait que selon l’endroit, on peut s’enfoncer jusqu’à mi-cuisse.
Au bout de deux heures de marche tranquille sur la route, nous arrivons au poste de police où Nicky doit nous « déclarer ». Il y a un petit marché. Comme d’hab’, nous avons des difficultés pour prendre des photos, les gens veulent des sous.
Nous passons devant un poste de militaires plutôt agressifs. L’un d’entre eux arme même sa mitraillette quand Virginie lui dit bonjour. Après palabres, ils nous laissent passer et nous rejoignons Nicky. Pic nique au bord du ruisseau. On repart, ça grimpe assez raide pendant une bonne heure. On s’arrête souvent, puis, ça descend et ça grimpe pendant les trois heures qui restent. Le paysage est magnifique. On se pose des feuilles d’arbre rafraîchissantes sur le front et les joues.
A la fin de la journée, je suis fatiguée, j’ai l’impression que je ne peux plus grimper.
Nous arrivons à Hitugi vers 5h. Nous nous installons dans la case en bois du chef. C’est l’heure de la messe et nous écoutons les gens chanter après avoir enlevé nos grosses pompes. Ensuite, douche. Froid, très froid et folklo. Nous sommes 3 et pendant que 2 tiennent un paréo la troisième se lave vite fait à l’eau glacée. C’est tonifiant.
Nous dînons dans le pilamo (case ronde) de réunion en discutant avec Nicky de la culture Dani. Il nous raconte que ce pilamo sert à des réunions pour régler les problèmes entre les villages alentours : Femmes qui se font enlever par un homme d’un autre village a palabres pour décider du montant (en général un nombre de cochons) de ce que l’amant doit payer au mari éploré. Nous évoquons aussi le sida qui fait des ravages dans les villes de Papouasie.
J’ai mal aux cuisses. Je me couche à 9h sans même me laver les dents (oh !la cochonne)

Vendredi 14 mars : Hitugi-Kilise : On donne quelques cadeaux au maître d’école, on pack et on s’enquiert des prix de quelques articles mais, trop cher, pas envie de négocier.
Nous partons pour Kilise, où l’on dormira cette nuit. Que de la descente bien raide pendant 3 bonnes heures, rude pour les pieds et les genoux, mais je préfère à la montée.
Nous passons 2 ponts suspendus au dessus de la rivière Baliem puis on se baigne une petite demi heure. Les porteurs se lavent ; Virginie et Marguerite se trempent complètement; Sandrine, Corinne et moi nous contentons de nous mouiller les pieds. Elle est glacée mais c’est bon de se reposer un peu.
Irène a eu du mal à cause de son genou, elle ne veut même pas descendre le 10 m qui lui restent pour se baigner et préfère attendre que l’on reparte.
Il est 12h30 quand nous repartons, et cette fois ça montre très dur pendant une heure. Ras le bol. Heureusement que le paysage est vraiment sublime. Nous déjeunons vers 2h, à flanc de montagne. Et c’est reparti pour 3h de grimpette. J’ai l’impression d’être une petite vieille qui ne peut plus marcher. Enfin, le village vers 5h. Nous préparons notre pilamo avec Sandrine et nous retrouvons dans la cuisine commune.
Il y a une cérémonie de crémation dans 5 minutes. Le guide nous propose d’y assister. J’émets quelques réserves mais je me range à l’avis du groupe et nous y allons. C’est triste, je me demande ce que je fous là ; à un moment, j’arrête de filmer, et j’essaye de penser à l’âme du bébé entouré des prières des siens pour relativiser la tristesse de la cérémonie. Sandrine pleure et les autres n’en sont pas loin. Ça jette un froid pendant une bonne demi heure après. On fait un feu en attendant de dîner. Il est 6h45, on a l’impression qu’il est 10h !!!
Repas très bon, sauf la soupe aux haricots. Tout le monde prend des enzymes fournies par Corinne pour éviter les gaz. Je vais me coucher, il doit être 20h…Marguerite, Virginie et Sandrine ont peur de dormir dans les pilamos et s’allongent devant le feu. Mais bientôt, il commence à pleuvoir alors elles se serrent à 3 dans une case. Je dors seule dans la mienne mais comme je ne suis pas trop gênée par les bestioles, ça ne m’embête pas.

Samedi 15 mars : Kilise-wamena : Ce matin nous restons à Kilise et les villageois nous préparent un repas traditionnel. Ils sont très avenants les danis de Kilise et la préparation du repas est fort sympathique. D’abord, ils préparent un grand feu sur lequel ils font chauffer des pierres pendant 2h, puis, après avoir disposé des feuilles en cercle autour et dans un creux,
ils transportent les pierres chaudes du feu vers le « four », rajoutent une couche de feuillage puis une couche de pierres, puis des patates douces, du tarot, du chou, du fruit rouge, des feuilles variées, tout ça entre plusieurs couches de pierres jusqu’à arriver à un tas d’environ un mètre de hauteur, fumant. Ils attachent le tout avec des lianes.
Il est déjà midi. En attendant que le repas soit cuit, les villageois sortent leur artisanat, nous leur achetons quelques trucs : qui un collier, qui de la résine, qui des arcs et des flèches…
Ca y est, on ouvre le four. Ça donne des légumes cuits et de la sauce rouge vermillon faite en pressant le fruit rouge. Les patates douces sont très bonnes. Le tarot et la sauce rouge n’ont pas tellement de goût.
Il est 2h, nous repartons vers Wamena. 2h de marche tranquille par rapport à la veille. Nous arrivons aux voitures juste quand il commence à pleuvoir. Quelle chanceuses!!
Arrivées à l’hotel, nous payons les porteurs et allons faire des achats pour les korowais.
Dîner sympa pendant lequel Nicky nous donne des détails croustillants : Les korowais sont cannibales et ne mangent que les hommes. Quand la tribu A croit qu’un homme d’une tribu voisine (on l’appelle tribu B) a jeté un mauvais sort à quelqu’un – par exemple en cas de mort d’un korowai (tribu A) pas trop vieux –, elle demande à la tribu B de lui livrer l’homme qui est supposé avoir cette mauvaise influence (désigné par la tribu A). Bien sûr, la tribu B protège ses membres et refuse. S’en suit une guerre de clans pendant laquelle le clan A kidnappe, tue et hache menu une femme et parfois même un des enfants du désigné sorcier comme avertissement afin que la tribu B livre « le sorcier ». Celui-ci sera finalement mangé par la tribu A, de façon à empêcher son âme de « polluer » d’autres âmes.
Il nous distille aussi quelques autres histoires à faire peur !!! Serait ce parce qu’on est de pauvres femmes sans défense ? J’ai tendance à le croire…

Dimanche 16 mars : Wamena-Yaniruma-Clan Dambol , pays Korowaï : Nous partons vers 8h pour l’aérodrome de Wamena. Nous attendons le vol pendant presque 2h en buvant café ou thé au bar de l’aéroport. Le petit avion arrive. Il fait très beau, c’est un Twin Otter de 14 places. Nous sommes serrés. Le vol se déroule parfaitement. 45 minutes après nous atterrissons en douceur sur la piste de Yaniruma.

Il y a beaucoup de korowais et kombais, ils ressemblent à des yéménites ou des éthiopiens,

pas du tout aux danis qui eux ont les traits plus mélanésiens. Nicky discute beaucoup avec les porteurs pour décider qui fera quoi. Lefam et Fenilum qui parlent bahasa seront les aides de Nicky et traduiront. Freddy qui est venu avec nous aidera Nicky et Otis.

Après un déjeuner frugal, nous partons en pirogue. Une demi heure sur la rivière Sokum et nous débouchons sur la grande Dairam. Nous accostons dans la boue. Corinne s’ouvre la chaussure dès le début.

Il fait chaud et humide et nous sommes obligé de regarder nos pieds. 2h de marche dans la forêt humide et on arrive, en nage chez les Dambol.

C’est superbe, il y a des maisons perchées et ils nous ont construit une maison temporaire, une salle de bain et des toilettes et tout un chemin sur des troncs. Nous nous lavons dans la rivière, on dirait un bain japonais. Corinne et moi nous faisons un creambath. L’eau est bonne et ça fait vraiment du bien de se laver. Nous décrottons nos chaussures. C’est super, on dort toutes ensemble sous les moustiquaires dans la maison temporaire.

Lundi 17 mars : Chez les Korowaïs : Aujourd’hui, journée cool, mais on se réveille quand même vers 6h, sauf Sandrine qui se lève dès 5h30. Elle a la phobie des insectes donc elle ne dort pas hyper bien. Ce matin, nous regardons les gens vivre, nous en soignons quelques uns avec ce que l’on a, nous leur faisons goûter à nos fruits secs, nous assistons à la consolidation de l’échelle pour monter dans la maison haute.
Virginie et Marguerite vont à la pêche avec Denver et 2 enfants korowais pendant que je les filme.
Après le déjeuner, nous partons en forêt voir la récolte des larves à sagoutier. Une heure de balade en suivant les femmes qui élaguent au coupe coupe. Nous atteignons une sorte de clairière avec des branches de sagoutiers par terre et un gros tronc coupé.
Les femmes s’activent avec des haches pour ouvrir le tronc et trouver le trésor : les larves – 4cm de long, 1,5 de large, blanche, avec une tête en chitine marron – Le tronc a été coupé 2 à 3 mois auparavant pour que les larves aient le temps de s’y développer. Il y a une odeur de fermentation très forte et plein de larves. Irène se lance la première pour y goûter. Pas mauvais, du coup Virginie et moi nous lançons aussi. En effet, la larve a la consistance et le goût d’un coquillage cru. Ça plait bien aux korowais et aux autres papous qui se régalent.
La récolte est bonne et nous passons encore 1 heure pour tout prendre. Les bébés pleurent, ils ont chaud. Corinne distribue des lingettes pour les rafraîchir. C’est effectif et les enfants sèchent leurs larmes.
Nous retournons au camp. Là, les femmes nous montrent comment elles fabriquent avec le sagoutier des jupes en feuilles, des médicaments traditionnels contre les maux de gorge en feuilles tressées puis grillées, des filtres en tapant l’écorce.
Elles nous montrent aussi comment elles font des nasses en bambou et préparent les larves dans des petits paquets avec du sago pour les cuire.
Nous offrons des cigarettes alentour. Il y a 2 frères korowais très beaux, certainement d’un autre clan qui ont des os de chauve- souris dans le nez, comme des cornes de scarabée.
Il est déjà 4h, la lumière est belle, nous demandons à Nicky de pouvoir monter dans la maison haute. Sandrine et Virginie y vont en premier, pieds nus. C’est impressionnant de hauteur. Je ne sais pas si je pourrai le faire. Elles redescendent ravies. J’y vais avec Marguerite. La montée de 40 m est difficile, ça fait mal aux pieds car les rondins ne sont pas plats. De là haut on a une vue d’enfer. Je filme et nous redescendons.
Après, j’ai mal aux plats des pieds et aux mains, pendant plusieurs jours. Dans la nuit, il pleut des cordes.

Mardi 18 mars : Pays korowaï-Yaniruma : On se lève à 7h en pensant à la marche dans la boue que l’on va se taper tout à l’heure. Corinne a oublié ses pompes dehors…J’essaye les toilettes. Impossible, avec la pluie, ça déborde de partout. Appetissant dès le petit déjeuner !!!
Nous nous mettons en route pour voir la fabrication du sago.
Il y a plein d’eau partout, un vrai parcours du combattant.
Nous marchons 1h et les hommes coupent un sagoutier ainsi q’un palmier et en extraient le cœur dont tout le monde se régale. Les femmes réduisent l’intérieur du tronc en petits copeaux en martelant avec des marteaux en bambous fabriqués sur place. Ensuite, elles passent les copeaux à travers un filtre bricolé pour obtenir une pâte amidonnée très douce (je suis sûre qu’on pourrait en faire un produit cosmétique) mais sans beaucoup de goût.
Je me suis déchaussée pour passer dans l’eau et j’ai les pieds dans l’humus. J’espère qu’il n’y a pas de vers macaques. Nous repartons au camp par le même chemin, trempés et même plus puisque nous pataugeons littéralement dans l’eau !! Nos pompes pèsent une tonne mais il y a tellement de risques de s’écorcher que nous ne voulons pas marcher pieds nus (ceci dit, si nous restions plus longtemps dans cette forêt, je crois qu’on finirait par s’y mettre, on s’habitue à tout. Déjà, au début, on ne voulait pas se salir, puis maintenant, tout le monde s’en fout, alors le reste ça peut venir aussi…).
De retour au camp, nous préparons nos sacs pour le départ et nous déjeunons. Otis nous a préparé un super repas, as usual. Nicky va discuter avec les korowais pour les payer et nous nous retrouvons à 2h30 pour un petit marché dans la maison longue. A 2h30, Nicky est toujours en train de distribuer l’argent à tous les gens qui ont travaillé.
Ça discute beaucoup. Finalement, à 3h, nous nous dépêchons d’acheter quelques souvenirs : arcs, colliers, jupes, pipes, boucliers…et à 3h45, nous repartons par un chemin différent de l’aller, plus court pour rejoindre les pirogues plus haut. On ne marche que sur des troncs ou des branches, parfois les pieds dans l’eau. On s’arrête 2 minutes pour boire et on se fait bouffer par les moustiques. Je suis seule avec Soliman mon porteur et au bout d’une heure, je me demande si on ne s’est pas perdus. La lumière décline, les bruits de la forêt changent, bref, ça sent le crépuscule. J’arrive aux pirogues à 5h10. Il y a déjà Margotte et Virginie. Nous attendons les autres ¼ d’h encore. On embarque 3 par 3 dans les pirogues. Et là, quelle chance, nous admirons le paysage sur la rivière très calme, avec un magnifique coucher de soleil.
Nous arrivons à Yaniruma à la tombée de la nuit. Nous nous installons dans une case similaire à celle que nous avions en forêt. Evidemment, nous voulons nous laver. Nous avons tant sué. En fait, l’endroit pour se laver, c’est l’embarcadère. Il fait nuit déjà et mis à part Virginie qui va se baigner, nous n’en avons pas trop envie. Nous nous décidons pour une « toilette lingettes ». J’ai une épine dans le gros orteil que Marguerite m’ôte avec une aiguille. Nous payons les porteurs. Ils sont 17 pour les affaires communes et 6 pour nous. Nicky a du mal avec les korowais, à chaque fois, ils se partagent le travail donc il doit payer deux fois plus de porteurs que prévu (ceci dit, puisqu’il le sait, il devrait le prévoir dans son budget !).

Après le dîner, nous nous couchons sous la lune presque pleine, en regardant les étoiles. Comme il y a trop de moustiques et que je suis fatiguée, je rentre dans la case sous ma moustiquaire. Ça penche un peu.

Mercredi 19 mars : Yaniruma-Timika : Je dors à peu près bien jusqu’à 5h. Il pleut et ce jusqu’à 7h. Hier soir, Nicky m’a dit qu’un korowai non content d’avoir été choisi comme porteur avait mis le feu aux toilettes pour se venger. Donc, pipi dans les herbes. Nous discutons avec la famille de missionnaires coréens qui vit depuis plus d’un an à Yaniruma. Ils sont jeunes et ont 2 enfants. La femme nous dit que c’est dur pour elle car les korowais sont assez violents et belliqueux, mais, ils ont un boulot à faire : traduire la bible en korowai pour éduquer ces infidèles !!! et parallèlement, ils les soignent ce qui est plutôt bien pour les korowais. Nous leur donnons les médicaments qui nous restent. Nous allons sur la piste attendre le twin Otter de Trigana air.

Il arrive presque 2h après. Au départ, l’émotion nous envahit (sans trop savoir pourquoi) et nous sommes plusieurs à pleurer.

Petit aparté sur les Korowais : Ils ont été contactés pour la première fois en 1976. Un hélicoptère leur a laissé des présents sur la rive de la rivière et est parti. Après plusieurs manœuvres de ce type l’hélicoptère a déposé sur la berge des papous Lanis qui ont établis le premier contact. Quand les korowais ont vu le premier avion en 85 atterrir à Yaniruma, ils ont fait une fête, croyant que c’était l’oiseau qui annonçait la fin du monde.
Ils vivent en clan et le territoire est informellement divisé entre eux depuis la nuit des temps. Ce sont des chasseurs cueilleurs qui vivent au jour le jour et fabriquent leurs outils sur place. Ils transportent très peu de choses. Ils sont cannibales par peur des esprits malins. Ils n’enterrent pas leurs morts mais les laissent dans une maison haute et en construisent une nouvelle pour y habiter. Ils commencent à être christianisés. Ils sont monogames, exceptionnellement, polygames car ça coûte cher en dot (collier en dents de chiens, ou en dents de cochons). Ils souffrent de l’éléphantiasis et du paludisme. Leur principale nourriture est le sago, les larves à sago, les oiseaux et les jours de fête, le cochon.


Le voyage pour Timika se passe impec. L’arrivée au Sheraton est plutôt bluesy. Quelle différence ! La réadaptation est un peu dure pour nous toutes. D’ailleurs nous sommes silencieuses au repas.

A Timika, il y a 90% de non papous et 10% de kamoros, qui font les boulots les moins qualifiés bien sûr. Nous n’avons pas eu l’autorisation d’aller à la mine de Freeport. Ça n’est pas faute d’avoir essayé. Ça ne fait rien, demain nous irons voir un village kamoro.

Visite de la ville l’après midi, sans grand intérêt. Le soir, nous allons au resto chinois, et ensuite, nous buvons un cocktail au bar – retour doucement vers la civilisation…– puis, dodo dans nos lits bien moelleux.

Jeudi 20 mars : Timika-le port-Timika : Ce matin, petit déj copieux d’hotel puis départ vers le port où l’on doit voir des villages kamoros. Une bonne heure de route en plein soleil toutes fenêtres ouvertes car la clim est « rusak ». Sur la route nous voyons un habitat un peu éclectique, souvent pauvre, en bois.
Nous stoppons devant un village situé à côté d’un site pétrolier. Ce sont des maisons sur pilotis construites sommairement sur une zone marécageuse.
Nous discutons avec quelques habitants et en fait, ce sont des immigrés asmat.

Nicky ne connaît pas du tout le coin on dirait…Nous arrivons au port. Il y a beaucoup de pêcheurs. L’ambiance est assez surréaliste.

Retour à Timika, petit tour au marché où j’achète du bétel et des cassettes de musique papou. Nous allons ensuite dévaliser la boutique d’art papou en achetant des masques et autres souvenirs.
Le soir, on fête l’anniversaire d’Irène. Nous lui offrons le dîner et un collier en dents de cochons.

Vendredi 21 mars : Retour vers Jakarta…

BUKIT TINGGI, SUMATRA, Pâques 07

WE de Pâques 07 Bukit Tinggi, pays Minang, SUMATRA

2 familles : 4 adultes et 5 enfants


Jhonny Walker (!!!) guide francophone batak email: jhonnywalker2006@yahoo.fr HP : 0813.754.056.16 Vol air asia A/R Jakarta-Padang à acheter par internet sur airasia.com
Hotel Gran Malindo : Très indonésien, propre et calme. Près du centre ville de Bukit Tinggi, devant le canyon
Ce qui vaut le coup :
Rafflesie, maison de la reine, et toutes les visites culturelles.
Ce qui ne vaut pas le coup :
Tissage de songket, moulin a café

Jour 1 : Jakarta-Padang-Bukit Tinggi
Après avoir décollé avec 5h de retard sur l’horaire initialement prévu, nous arrivons à Padang à 13.30. Petit aéroport où nous sommes accueillis par Johnny Walker, notre guide pour les 3 jours. Nous partons tout de suite en minibus pour nous arrêter déjeuner à 1h de route de là, dans un restaurant avec point de vue sur des bassins d’aquaculture. C’est la vallée d’Anai. Splendide. Par contre, la nourriture est très pimentée (on s’en doutait un peu) et donc, les enfants râlent, d’autant plus qu’il y a plein de fourmis et qu’il fait assez chaud. Bref, de grands routards…Après déjeuner, on roule encore et on s’arrête dans un village réputé pour ses songket : Pandai Sikat. Malheureusement, les ateliers ont déménagé à cause du tremblement de terre qui a eu lieu il y a 1 mois et nous ne voyons qu’une vague démonstration de tissage. Par contre, il y a beaucoup d’échoppes dont une magnifiquement traditionnelle, une vraie maison minang, tout peinte, avec des toits en forme de cornes de buffle (pour commémorer la légende de la victoire du buffle minang sur le buffle javanais). En fin d’après midi, nous découvrons Bukkit Tinggi et l’hôtel Gran Malindo où nous allons passer 2 nuits. Correct. Après une bonne douche, nous partons dîner dans un resto pas trop padang et les plats sont plutôt bons. Nous fumons une chicha à la pomme et nous rentrons tous en calèche à l’hôtel.

Jour 2 : les alentours et la rafflesie

Aujourd’hui, départ de l’hôtel à 8h, après un petit déj indonésien, donc frugal pour nous…Nous allons à la recherche de la rafflesie, fleur géante de 80cm de diamètre qui ne fleurit que tous les 18 mois, pdt 1 semaine. Un guide local nous conduit dans la jungle où nous grimpons pendant 1 h. La ballade était super, la fleur au rendez vous.

On part ensuite vers le lac Maninjau par une route très sinueuse, ça nous prend 1 bonne heure. On arrive dans un petit coin de paradis au bord du lac. Les enfants et les hommes se baignent, puis nous dégustons du poisson grillé et des currys délicieux. Nous avons du mal à décoller, mais finalement, vers 3h, on redémarre pour aller visiter une fabrique de sucre de canne traditionnelle. Evidemment, nous arrivons trop tard pour voir le buffle faire tourner la meule !!! Mais nous goûtons au sucre chaud et nous voyons les ouvriers agricoles travailler pour préparer la vente des petits pâtés de sucre au marché. Une ouvrière nous coupe une canne que nous emportons dans le bus. C’est délicieux et pas trop sucré. Ensuite, direction Koto Gadang, village des artisans bijoutiers. Idem, trop tard pour voir les bijoutiers travailler l’argent, mais pas trop tard pour acheter quelques bijoux…Le village a beaucoup souffert du tremblement de terre, les maisons sont très fissurées et la mosquée s’est même écroulée. Les gens prient donc sous une tent en attendant la reconstruction…Retour vers Bukkit Tinggi. Lilou voudrait voir un spectacle de danse et Jhonny connaît un endroit alors nous décidons d’aller dîner rapidement dans un warung (très bon d’ailleurs, les sate kambing et ayam) et de se rendre au théâtre, sans se reposer à l’hôtel. Avec Lilou et Fleur, nous rentrons avant la fin car, les intermèdes musicaux sont vraiment trop longs et nous nous endormons. Nous apprendrons le lendemain au ptit déj que le meilleur était à venir : une danse traditionnelle sur des céramiques cassée, très impressionnante. Tant pis !

Jour 3 : Retour Jakarta

Dernier jour, nous décollons à 8h vers le canyon, et ses singes. Ce canyon s’est agrandi depuis le tremblement de terre. C’est très beau. On parcourt la ville, on s’arrête sur la place du beffroi et on continue à travers le grand marché. Sis se fait réparer ses chaussures, Fleur s’achète des baskets, Syl des krupuks, bref, tout le monde y trouve son bonheur !!!On quitte Bukit Tinggi pour retourner à Padang. Il y a plus de 2.30 de route. En chemin, nous stoppons pour voir un atelier de broderie, puis un moulin de café traditionnel, puis nous arrivons à Pagaruyung, le cœur du pays minang où le roi Adityawarman avait son palais. Hélas, il a été complètement détruit dans un incendie il y a 6 mois. Heureusement que le palais de la reine est encore en bon état. La demeure est de toute beauté. Nous voyons aussi des pierres avec des écritures en pallava et des tombes hindouiste de l’époque où les hindouistes ne brulaient pas encore leurs morts. Ces tombes ont une stèle haute au niveau de la tête et une stèle plus basse au niveau des pieds. Déjeuner dans un resto à touristes plutôt pas mal. Puis départ pour l’aéroport.

rivière MAHAKAM, KALIMANTAN mai 07





Croisière sur la rivière MAHAKAM à KALIMANTAN en mai 07
Nous sommes 8 (3 adultes et 5 enfants)

Agence : PURI TOUR : puri_bpn@indo.net.id . Guide manager de l’agence :Très bien : Sisco / 0813 462 80 631/0813 47 46 44 59/ 0542 750174
Plutôt essayer d’aller voir les Dayak long ears où la mine d’or au lieu des orang outans (en fait, c’est un zoo mal entretenu…et les orang outans y sont en cage). Tout le reste, Ok
.

Jour 1 : Balikpapan-Laojanan-rivière Mahakam
Nous sommes partis par le premier vol Garuda, à 6h pour Balikpapan, à Kalimantan. Arrivée à l’aéroport de Sepinggan (Balikpapan), bonne surprise, il fait beau et plus sec qu’à Jakarta. Nous rencontrons Sisco et le 2 chauffeurs qui nous conduisent vers Loajanan, près de Samarinda, à 2 h de route au nord.
Sisco est un petit homme jovial et très sympathique, qui nous met rapidement à l’aise. En route, nous nous arrêtons pour faire le plein de bières et de cacahuètes (il ne faut pas oublier les bonnes choses). On arrive aux alentours de midi à bord du bateau, charmant, peint en bleu et rose, très propre. Nous démarrons la remontée de la Mahakam en déjeunant. Très sympathique, plutôt bon, nous nous sentons vraiment en vacances. 1er arrêt : Tenggarong où il y a entre autre un parc d’attraction, genre dunia fantasia !!! Au milieu de nulle part… Les enfants sont ravis et s’éclatent sur les trampolines, les autos tamponneuses et autres tours panoramiques. Nous repartons en fin d’après midi pour Muara Muntai. Il ya beaucoup de barges sur le fleuves et quelques mines de charbon sur les berges. Dîner on board, tours de cartes de Sisco, et on se couche assez tôt car fatigués. Paysages magnifiques, sereins, c’est un véritable cadeau que cette journée magique que nous venons de passer. Les bruits du moteur est un peu fort et je met des boules Quies qui atténuent. Nous avançons toute la nuit avec des arrêts frêt et passages de barrages de police…mais ça s’arrange très bien avec quelques fees de Sisco, qui connaît la chanson.

Jour 2 : Muarai muntai-Mancong
Après le petit déj à bord, nous continuons à avancer en observant la vie alentour, gens du pays Kutai, Banjar, etc…Tout à coup, branle bas de combat, le capitaine a aperçu des dauphins d’eau douce (Orcaella brevirostris). Nous montons tous sur la petite terrasse de notre dortoir et nous admirons. Ils ressemblent un peu à des baleines, avec leur tête légèrement plus arrondie que celle des dauphins de mer.
Nous arrivons près du lac Jempang et nous montons dans un canot à moteur pour 3h de trajet à travers le lac, d’autres affluents de la Mahakam. Il fait hyper chaud, nous nous protégeons avec des paréos car il n’y a pas de toit. Le paysage est superbe, nous ne nous ennuyons pas une minute. Arrivée à Mancong épique car tout est innondé. Nous marchons les pieds dans l’eau sur ce qui était un chemin pour accéder à la maison longue sur la place du village. Les dayaks nous ont préparé des danses et nous les regardons avec tout le village. Ibis et Tigrou font des achats dans la boutique de l’épouse du chef : un collier rituel fait avec des défenses de sanglier, un instrument de percussion et une sarbacane avec des flèches qui traditionnellement sont enduites de curare… Nous retournons au bateau par un chemin plus court. Nous observons des singes proboscis (singes nasiques), très grands, au pelage roux avec de longues queues, des macaques aussi. Dans la jungle, nous voyons quelques calaos superbes et plein d’oiseaux colorés. Il y a des lézards et Tiaré a même aperçu un jeune crocodile. Après notre arrivée sur un petit quai, où notre bateau doit nous rejoindre, Ibis se baigne dans la Mahakam, il a vraiment trop chaud !!! On a tous malgré la crème de Jasmine pris des coups de soleil et nous remontons sur le bateau, fourbus mais plein d’images superbes de cette journée. L’orage menace et le bateau commence à être infesté d’insectes volants. Il y en a tellement (mini tornade d’insectes) que l’on décide de dîner dans le dortoir, assis par terre à cote des matelas. Ce soir, ça sera dodo sans tours de magie.



Jour 3 : Melak-Orchidées noire- Cascade
Après une nuit saccadée, nous accostons à Melak et traversons le marché très animé pour partir en kijang pour le village de Tanjung Isuy où nous allons visiter la maison longue des dayaks benuaq. Cette maison est habitée et nous entrons dans quelques « appartements ». L’arrière sert de décharge hélas. Les cochons qui sont élevés sous la maison sont au paradis !!! En face de la maison, il y a un cimetière traditionnel où les cercueils sont sur pilotis et où les dayaks y placent les ossements des morts de leur famille. Nous achetons des paniers tressés.
En route vers la réserve des orchidées, située près du village de Kersik Luwai. C’est sous une très forte chaleur (genre 50°C en plein soleil) que nous pénétrons dans cet endroit magique. La végétation y est étrange : arbres courts, plantes endémiques, terrain sableux. Nous gouttons à l’eau contenue dans une fleur réservoir. L’orchidée noire est en fait verte avec un délicat dessin sur le cœur noir. Splendide. On poursuit vers la cascade. Jasmine et moi regrettons de n’avoir mis notre maillot. Les enfants sont ravis et ont hâte de se rafraichir. On arrive sur une cascade entourée de foret, et surplombée par un bassin vaseux !!! Les ados renoncent à se baigner. Seuls Sisco, Ibis, Tigrou et Coco vont se baigner. Sisco promène Coco sur un radeau de bambou, ce qui l’enchante. L’eau est bien fraiche, mais l’endroit décevant. On rentre sur le bateau. On s’arrête avant dans une boutique pour acheter des souvenirs. Il y fait extrêmement chaud. Nous négocions pendant une bonne demi heure un très beau masque et des bols chinois. Les enfants nous attendent sur le bateau pour déjeuner, il est déjà 3h. Sisco nous propose d’aller faire un tour à la mine d’or à 1h30 de route du bateau. C’est tentant mais nous décidons de ne pas y aller et de commencer la descente vers tenggarong, car nous ne voulons pas rater les orang outans demain.
Fin d’après midi enchanteresse, sur le fleuve, vue paisible des rives et de la forêt luxuriante. Quelques villages flottants le long de la rivière. A un moment, un endroit où les troncs d’arbres sont stockés, des mines, des barges, des bateaux rouillés et abandonnés, des pêcheurs, des baigneurs. Bref, la vie le long du fleuve. Ce soir, pas d’insectes, nous dînons donc sur le pont. Après le dîner, Sisco nous pose des problèmes mathématiques à résoudre à l’aide d’allumettes. Evidemment, aucun de nous ne trouvons les solutions !!!! Normalement, nous devrions arriver à Tenggarong vers 3h du matin.

Jour 4 : Tenggarong-Krus-Balikpapan
6h et le moteur tourne encore. Je me lève et je vois que nous sommes dans un épais brouillard. Voilà pourquoi on n’avance pas. Nous arrivons finalement vers 8.30, on prend le petit déj et nous allons visiter la collection royale du roi de Kutai (du royaume indien de Kutai 4e-14e siècle). C’est un très beau musée, art déco mais malheureusement, aujourd’hui, il n’y a pas d’électricité, donc une grande partie de la collection n’est pas visible…Nous visitons le cimetière de la famille royale avec de stèles sculptées en bois. Et nous retournons au bateau à travers la route inondée (le fleuve est en crue). Sisco nous transporte en becak pour que nous ne nous mouillions pas les pieds (en fait plutôt pour nous amuser…). Nous partons vers Loajanan. Nous aurons le temps d’aller voir les orang outans. Mais quelle déception, après 1h de voiture nous arrivons dans un zoo, même pas aussi beau que Ragunan à Jakarta, où les orang outans sont en cage !!!! Bref, cette option n’était vraiment pas la bonne. Ensuite 3h de route et nous arrivons à l’aéroport.
MF